Arrestation d’Adjamagbo et Djossou : Le Procureur de la République n’a rien sous la main?

L’équipe de défense de Madame ADJAMAGBO-JOHNSON Kafui et de Monsieur DJOSSOU Dodzi Yaovi Gérard, respectivement Coordonnatrice Générale et Président de la commission des questions sociales en charge des Droits de l’Homme, de la Dynamique Mgr Kpodzro (DMK) s’est prononcée sur le déroulement des auditions de ses clients.

Tout semble signifier, selon la défense, que le Procureur de la République, M. Poyodi, n’a rien sous la main. A titre d’exemple, « Monsieur DJOSSOU Dodzi Yaovi Gérard vient de boucler quatre-vingt-seize (96) heures de garde à vue, sans que son audition de ce jour qui a duré trente-six (36) minutes n’ait révélé de nouveaux éléments de faits sérieux susceptibles de constituer l’élément matériel du groupement de malfaiteurs et d’atteinte à la sécurité intérieure de l’Etat que les enquêteurs ont retenu à son encontre », a communiqué la défense à la date hier 1er décembre 2020.

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Elle s’indigne donc de cette prorogation de la garde à vue de Monsieur DJOSSOU Dodzi Yaovi Gérard alors que son audition qui n’a duré que trente-six (36) minutes (de 12h40 à 13h16), s’apparente à une violation du principe de la Présomption d’innocence.

 

 

« Nous considérons que nos clients sont tout simplement privés de leur liberté pendant que le Procureur de la République et son équipe d’enquête prennent tout leur temps pour rechercher des preuves hypothétiques afin de justifier cette malencontreuse poursuite pénale diligentée contre eux », a ajouté l’équipe de défense.

 

 

La possibilité de déférer à la chambre d’accusation près la Cour d’Appel de Lomé est en train d’être évaluer avec l’accord des accusés selon les avocats. « Cette porte ouverte à l’arbitraire, qui permet à Monsieur le Procureur de la République de proroger de huit (08) jours, les délais de garde à vue stipulés à l’article 1er de la loi n°85-19 du 27 décembre 1985 complétant l’article 52 du code de procédure pénale dès lors qu’il estime que « les faits sont particulièrement graves et complexes », ont-ils indiqué.

 

Et les avocats d’ajouter : « En définitive, en considérant le standard des preuves, exigé dans un procès équitable, les éléments de fait et de preuve en possession des enquêteurs ne peuvent donner lieu à une poursuite de nos clients avec succès devant un tribunal indépendant et impartial ». La défense demande par ailleurs au Procureur de la République de bien vouloir mettre un terme à cette enquête et permettre aux deux responsables de la DMK de recouvrer leur liberté.

 

 

Rappelons-le, Mme Adjamagbo et M. Djossou sont accusés de mener des actions visant l’atteinte à la sécurité intérieur de l’Etat. Par conséquent, les deux personnalités politiques sont mis aux arrêts dans le cadre d’une enquête pour, selon le procureur de la République, identifier les auteurs, complices et autres.

NK