Gestion de Covid-19 au Togo: le brouhaha gouvernemental et ces couacs qui dérangent

 

 

 

Après un an de riposte contre la pandémie à coronavirus au Togo, le bout du tunnel ne semble pas proche. Le premier décès enregistré le 27 mars 2020, un an après, le Togo dépasse la barre de cent morts. L’agrandissement des centres d’accueil des patients et de nouvelles mesures ont été prises la semaine dernière.

 

 

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Le Grand Lomé abrite 70% du nombre total de cas et pratiquement la même proportion des nouveaux cas enregistrés depuis le 1er janvier dernier. Face à cette préoccupante flambée, sur les recommandations du Conseil scientifique et les résultats des différentes consultations, le Gouvernement prend les mesures suivantes :

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1- Redynamisation du groupe mixte de surveillance Covid-19 (GMS) par un renforcement d’au moins 1000 personnels issus de la composante force de défense et de sécurité pour intensifier la surveillance, la prévention et les interventions.

2- Accélération de la campagne de vaccination avec la mise en place d’une stratégie mobile notamment en délocalisant la vaccination en tout lieu où cela est nécessaire dans le grand Lomé dans le respect des critères d’âge

3- Interdiction de tous les rassemblements de masse notamment les sports de masse, les cérémonies funéraires, les mariages, les évènements culturels, les campagnes publicitaires, les concerts, les réceptions.

 

 

 

4- Respect de la limitation stricte à quinze (15) du nombre de personnes pour les enterrements.

5- De manière spécifique et non exhaustive, les rassemblements constatés dans les lieux suivants sont strictement interdits : la place « Bonké », le local du réseau TIENS Casablanca, les agences de la Lonato et le Carrefour Limousine (avédji)

6- Renforcement du contrôle au niveau des points de passage des frontières.

7- Maintien de l’interdiction de l’accès à la plage. Les contrevenants s’exposent à des sanctions conformément aux lois en vigueur.

8- Contrôle renforcé du respect des mesures barrières à l’entrée des marchés avec une présence des forces dédiées.

9- Renforcement du contrôle du respect du nombre de passagers et du respect du port de masque et des gestes barrières dans les transports.

 

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10- Renforcement de la surveillance et de la veille dans toutes les institutions, les administrations publiques et les entreprises publiques et privées par la réactivation des comités de veille avec une implication des premiers responsables.

 

 

 

11- Instruction aux Ministres de s’assurer du bon fonctionnement des comités de veille, du respect des mesures édictées et d’en rendre compte.

12- Renforcement de la surveillance des lieux de cultes et obligation de port du masque et du respect des mesures barrières et interdiction des prestations des chorales et groupes musicaux, avec fermeture immédiate en cas de non-respect des mesures édictées.

13- Renforcement de la surveillance des bars avec fermeture immédiate en cas de non-respect des gestes barrières.

 

 

 

14- Recours de manière privilégiée à la vente à emporter dans les bars, restaurants et cantines.

15- Application immédiate des sanctions en cas de non-respect des mesures édictées conformément aux lois et règlements en vigueur.

16- Poursuite des consultations et analyses afin d’envisager un couvre-feu dans les jours à venir selon l’évolution qui sera constatée.

17- Le Gouvernement met en garde contre la désinformation sur les médias et les réseaux sociaux et rappelle que les auteurs s’exposent à la rigueur de la loi.

18- Le Gouvernement appelle l’ensemble de la population à une extrême vigilance et à un respect scrupuleux des mesures édictées et invite la population cible à se faire massivement vacciner afin d’atteindre rapidement le seuil nécessaire à l’acquisition d’une immunité collective.

 

 

 

 

Ce sont là les 18 mesures prises en Conseil des ministres le 24 mars dernier. Bien plus, le CHR Lomé-Commune, principal centre de prise en charge est arrivé à saturation. Des travaux ont été lancés pour accroître ses capacités d’accueil au-delà de 210 lits après d’importantes réfections faites au début de la riposte. On parle d’une nouvelle aile en cours de réhabilitation. Parallèlement, les centres annexes installés sur le site de la Foire Internationale Togo 2000 et à l’Hôtel Lébéné (ex-Ibis) sont aussi en train d’être réactivés. Tout ceci montre la gravité de la situation.

 

 

 

 

 

Malgré les efforts, les couacs de la riposte

 

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La gestion de la riposte coûte les yeux de la tête selon le gouvernement. Des efforts colossaux sont faits dans la prise en charge. Ce qui est à saluer. Mais au même moment, on est à mille lieues d’imaginer qu’un an après le début de cette pandémie, le gouvernement n’a toujours pas acquis les scanners promis, craché et juré par le ministre pasteur Emmanuel Kodjo Adedze. Or, l’absence de scanner ainsi que l’amélioration du plateau technique dans plusieurs structures publiques de soins de santé est un mauvais signe et une des causes des décès de Covid et au-delà. Il est inconcevable que Gnassingbé Faure et ses affidés tentent de fermer les yeux sur cet aspect de la situation. Autre couac à la riposte, la gestion soporifique de la situation au niveau de l’Aéroport International Gnassingbé Eyadèma de Lomé.

A travers le test PCR, il se développe un véritable centre d’affaires incompatible à la bonne gestion de la pandémie. Des esprits mercantiles vont jusqu’à déclarer des résultats douteux de sorte que par moments tout se résumerait à l’argent. La même situation est observée dans les véhicules de transport en commun. Contre l’argent, des agents de sécurité ferment les yeux sur les recommandations en vigueur. L’application des mesures à géométrie variable n’est pas aussi de nature à contribuer efficacement à la lutte contre le virus à couronne. Au-delà donc du brouhaha gouvernemental, il importe que les couacs susmentionnés soient analysés et éradiqués pour plus d’efficacité dans la riposte.

 

 

Kokou Agbemebio

Source : Le Correcteur