Secret de palais : comprendre le scandale T-OIL, STSL et COMPEL

 

Depuis 2018, l’Etat a confié à TOGO INVEST dont le PCA est l’éternel Barry Moussa Barqué, les trois sociétés à savoir, la TOGO OIL COMPANY S.A., STSL et COMPEL.

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Le Directeur Général de TOGO INVEST se nomme Samuel Ekué Mivedor, fils de l’ancien ministre Ayié Gachin Mivedor, ancien de la BAD (Banque Africaine de Développement) rentré depuis quelques années au pays. Normalement, c’est le DG de TOGO INVEST Samuel Ekué Mivedo qui devrait prendre le poste du Président du Conseil d’Administration de T-OIL. Mais il en a été sevré par le Secrétaire Général de la Président Patrick Têvi Benissan qui a fait main basse sur le poste. Les deux hommes, tous fils d’anciens ministres et collaborateurs de Gnassingbé Eyadéma, étaient proches, mais ne s’apprécient plus trop depuis un certain temps, et ce n’est qu’un euphémisme. Dans cette mare aux sauriens avec des dents acérées, la moindre erreur, le manque de vigilance peut être fatal(e). Depuis plusieurs mois, le palais de la marine bruisse de rumeurs sur la santé chancelante du Secrétaire Général. Certains font même état d’un empoisonnement. Toujours est-il que Patrick Benissan n’est pas au mieux de sa forme. Quelque apparition sporadique à son lieu de travail et pour le reste, il se rend régulièrement à à l’extérieurs pour des soins.

Dans cette situation délétère, le ministre de l’Economie et des Finances Sani Yaya cherche vainement marques. Un arrête a été pris le 22 janvier dernier définissant le cadre de gestion de ses trois sociétés, mais le processus vacille toujours.

Voilà comment une entreprise publique est gérée comme une épicerie familiale. Les acteurs de ce festin macabre sont tous, sinon presque à la Présidence, des collaborateurs immédiats de Faure Gnassingbé et certains membre occasionnels du parti UNIR lorsque cela sert leurs intérêts. La liste des membres du Conseil d’Administration de T-OIL nous renseigne davantage sur tous ceux dont la responsabilité est engagée dans cette gestion scabreuse. Si Faure Gnassingbé ne sait pas ce que ses collaborateurs font de certaines sociétés d’Etat, à partir de ce dossier, il ne pourra plus dire qu’il ne sait pas ce qui se passe à T-OIL. Il ne s’agit pas de se mettre en colère, mais d’agir pour éviter que la République ne devienne une grande épicerie. Tout ceci n’est en réalité qu’une infirme partie de ce qui se passe dans cette boite. D’autre détails pourront faire l’objet d’une prochaine publication.

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Les réactions de Georges Dogbevi et de Mme Andrée Akoumany

Dans le cadre de la conduite de ce dossier, et comme l’exigent les règles déontologiques de notre métier, nous avons adressé deux courriers à Mme la DG de T-OIL et à Georges Dogbevi Kponor Ame, sollicitant des rendez-vous afin d’avoir leurs versions. Le Directeur Général de CONSULT SERVICES SYNERGIE a donné un avis favorable et une équipe de la Rédaction s’est rendue à ses bureaux pour un entretien que nous publions en intégralité. Quant à la DG de T-OIL, elle nous a répondu par le Conseil de la société, le Cabinet de la Société AQUEREBURU et Parteners. Cette curieuse démarche de ce cabinet d’avocat tendant à faire obstruction à une investigation journalistique qui répond à des principes clairs nous a conduits à renvoyer un courrier au conseil de T-OIL. Les échanges avec le cabinet d’avocat sont en facsimilé.

Management Hydrocarbures : Cash and carry

Tous les « marqueters » achètent leur stock auprès de Management Hydro­carbures la société de Francis Adjakly père et fils. L’Etat débloque les fonds publics, Management Hydrocarbure assure la commande et la vente. Elle encaisse les chèques des marqueters qu’elle met sur son compte, sauf qu’on ne sait pas par quel mécanisme l’argent retourne au Trésor. Ainsi une société comme T-OIL débloque 800 millions pour acheter le carburant cash auprès de Management Hydrocarbures. Cash signifie que vous libérez le chèque, la so­ciété de Francis Adjakly s’assure que l’argent est disponible sur votre compte, l’encaisse avant de vous livrer. Les besoins de la société TOTAL sont trois fois plus élevés que ceux de T-OIL.

L’ensemble des marqueter à savoir, T-OIL, TOTAL, CAP, TEXACO, SANOL, SOMAYAF, etc. achète chaque quinze jours leurs stocks auprès de Management Hydrocarbure, et il faut aussi ajouter la CEET qui achète également auprès de la structure de Francis Adjakly le carburant pour faire tourner ses groupes et Contour GlobaL. Ce sont donc des dizaines de milliards qui transitent réguliè­rement sur les comptes de Management Hydrocarbures. De l’argent de l’Etat laissé à la discrétion d’une société familiale qui en fait l’usage qu’elle souhaite. Il faut rappeler que lors du différend entre le père et le fils, la société Manage­ment Hydrocarbure a non seulement déplacé ses bureaux de SGI vers Forever en face de l’ancienne Sazof et maintenant vers Tokoin Hôpital, mais les respon­sables utilisent une nouvelle qui se nomme PHENIS. C’est au nom de cette dernière que les marqueter émettent désormais les chèques qu’ils vont dépo­ser dans les nouveaux locaux vers Tokoin Hôpital.

Depuis la publication de ce dossier qui continue de faire des vagues au sommet de l’Etat et dans l’opinion, les proches des responsables de Manage­ment Hydrocarbures épinglés, c’est-à-dire Adjakly père et fils racontent que ce scandale passera bientôt comme d’autres et il n’arrivera rien. Ils sont donc sûrs de leur impunité au point qu’ils étudient l’option de porter plainte contre les médias qui les ont dénoncés.

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Une plainte venant d’eux sera la bienvenue parce qu’elle permettra de faire toute la lumière une fois pour de bon sur les magouilles qui entourent l’importation du pétrole depuis plusieurs années déjà. Ce sera une occasion pour tout le peuple togolais actuellement indigné et révolté par ce scandale de demander des comptes aux responsables de Management Hydrocarbures et leurs complices. Vivement !

STSL : Société Togolaise de Stockage de Lomé, attention danger !

La STSL est la plus florissante des trois sociétés. Cons­truite il y a plus de 40 ans, d’une capacité de stockage de 260 millions de litres, elle est le plus grand dépôt de la sous-région. Elle tire ses ressources du passage et du stoc­kage des clients des pays de l’hinterland. Elle fait des mil­liards de chiffres d’affaires et dispose des DAT (Dépôt à terme) un peu partout. Cependant, les installations se dé­gradent. Shell, avant son départ, voulait investir 5 à 10 milliards de franc CFA pour la rénovation et élever le stan­dard du dépôt. Depuis la prise de contrôle par l’Etat, rien n’est fait dans ce sens malgré les alertes incessantes des ingénieurs. Cela ne semble pas être pour le moment la prio­rité de la Directrice générale.

La plupart des équipements (tuyauteries, organes de sé­curité, etc.) ont plus de 40 ans et n’ont pas été remplacés depuis la construction du dépôt. Ce dépôt, faute d’inves­tissement adéquat, est une bombe à retardement. Si d’aven­ture, on ne le souhaite pas, mais un incident intervenait sur ce site, ce sera une catastrophe humanitaire. Plus de 300 personnes travaillent à temps plein là-bas, sans oublier les chauffeurs qui chargent de jour comme de nuit. Juste à côté, il y a Contour Global et Sodigaz. On ne blague pas avec un stockage de 260 millions de litres.

Entre-temps, le PCA Patrick Tevi Benissan a fait venir un Sud-Africain pour un audit du dépôt. Ce dernier après avoir encaissé des millions de FCFA, n’a rien produit de spécial. Il faut faire rapidement un état des lieux du dépôt et procé­der aux investissements nécessaires pendant qu’il est en­core temps.

T-OIL : Les stations-services sans gérants titulaires depuis plusieurs mois

* Klikamé (Lomé)

* Akodessewa 1 (Lomé)

* Flamboyant (Lomé)

* Pas de Souza (Lomé) fermée. Le gérant a démissionné parce que T-OIL a été incapable de réparer les entrées de piste qui créent des difficultés aux clients. Après plusieurs relances et demandes sans retour, il a jeté l’éponge car il perdait de l’argent chaque mois.

* Le Togo (Gbadago). Le gérant a démissionné car T-OIL a arrêté son business de restaurant pendant la rénovation de la boutique qui a accusé plusieurs mois de retard alors que la partie restaurant développée par le gérant lui-même n’a fait l’objet d’aucune rénovation.

* Atakpamé (Gare routière)

En somme 6 stations sur 26 qui appartiennent à T-OIL sont en difficulté soit 23% du réseau. Comment peut-on dire qu’on est efficace dans ces conditions ?

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La version de Georges Dogbévi

Dans nos recoupements nous avons réussi à rencontrer le sieur Georges Dogbévi qui a bien voulu répondre à nos interrogations.

Vous êtes le compagnon de Mme Akoumany, DG de Toil. Votre cabinet se charge du recrutement des agents de la boite. A ce niveau, n’y a-t-il pas un conflit d’intérêt?

Du moment où c’est déclaré et qu’on sait que nous sommes ensemble, il n’y a pas de conflit d’intérêt. On ne peut plus parler de conflit d’intérêt en ce moment-là.

Êtes-vous conseiller au PCA de T-OIL Têvi Benissan ? Quels sont vos rapports ?

Je ne comprends pas cette question. C’est comme si vous demandez mes rapports avec le DG Atcha, le DG de la CEET, de ministre Yaya… Ce sont des personnes que je connais. J’entretiens de bons rapports avec le PCA de T-OIL.

En dehors de contrats de recrutement et placement des agents, faites-vous d’autres activités pour TOIL ?

J’ai participé à la réorganisation de la société depuis le départ de SHELL, sur décision des autorités togolaises. Ceux qui sont à la tête de la société ne sont pas des experts du métier. Je gère un peu aussi le groupe.

TOIL est une société d’Etat et selon les procédures, les biens et services font l’objet d’un appel d’offres. Votre contrat auprès de TOIL a-t-il été obtenu suite à un appel d’offres ?

C’est depuis que SHELL était là que j’ai réussi à l’appel d’offres. Et comme mes services sont appréciés, ils ont décidé de me garder. Je ne suis pas obligé de passer par appel d’offres. Je peux moi-même décider de continuer avec TOIL. Ce n’est pas un manquement.

Une station d’essence TOIL à Klikamé a été formée. Est-ce que vous êtes intervenu dans le processus de résiliation du contrat du gérant de cette station?

Non, je ne suis pas intervenu là-bas. Je n’ai pas entendu parler de ça. Je sais où se trouvent mes limites.

Avez-vous récemment fait une étude d’extension du réseau TOIL à travers le territoire ?

Non.

C’est votre cabinet qui procède au choix et à l’attribution des gérants des stations-service ?

La société veut changer son organisation. Elle veut récupérer les stations-services et les gérer elle-même. Mon cabinet se charge d’identifier les personnes qu’elle peut exploiter. Mais je laisse le soin à la société de les auditionner elle-même.

Avez-vous envisagé prendre au niveau de votre cabinet la gestion de stations- service quitte à faire des gérants vos employés ?

Je demande à la société de nous donner un modèle à organiser pour elle. Je ne gère aucune station-service avec TOIL.

Il y a des gens qui sont après moi, parce que la réorganisation que j’insuffle au sein de la société les dérange. Je ne veux pas vous demander qui ont raconté tout ça, mais sachez que moi je ne fais que mon travail de consultant. Je fais également dans l’audit. Je travaille pour plusieurs sociétés et banques de la place. J’ai fourni les ressources humaines aux projets PRADEB, ANADEB, FNFI, PUDC… Les gens n’ont pas compris ce qui se fait au sein de la société, les changements qui s’opèrent. Ils veulent opposer une résistance au changement. Je suis dans le Consulting depuis 1996 et dans les KH depuis 1998. Je suis dans plusieurs Conseils d’administration dans plusieurs sociétés de la place…

Avec L’Alternative