Togo: Des jeunes de plus en plus usagers de l’alcool, selon une étude

 

 

L’ONG Recherche action prévention accompagnement des addictions (RAPAA) poursuit son combat contre les substances psychoactives. Prenant en compte l’usage abusif d’alcool, un réel problème de santé publique affectant surtout la jeunesse, l’organisation a fait mener une  étude sur la consommation de boissons alcoolisées locales. Les résultats de la recherche ont été présentés jeudi à Lomé, de même que les conclusions et les recommandations.

 

 

Au Togo, 67,20% des jeunes de plus de 29 ans consomment de plus en plus de l’alcool révèle l’étude de RAPAA. Les données recueillies révèlent d’ailleurs que 77,5% des hommes consomment du Sodabi et ses dérivés contre 22,5 de femmes. 30,8% des personnes ayant un niveau primaire, 37,4% de celles qui ont  atteint le niveau secondaire consomment le sodabi contre 24,1% de personnes ayant atteint le niveau supérieur.

 

 

« L’enquête s’est déroulée dans le grand Lomé et ses environs et a été menée auprès des consommateurs, producteurs et vendeurs de boissons alcoolisées ainsi qu’auprès d’informateurs et personnes ressources », a indiqué Dr Selom Zinsou Degboe.

L’étude a aussi permis de dégager les représentations sur les boissons alcoolisées locales notamment les symboliques liées au Sodabi et les vertus qui lui sont traditionnellement attribuées.

 

 

 

 

 

 

L’étude de RAPAA a également porté sur les représentations de la dépendance à l’alcool, ses causes, ses effets, ses traitements ainsi que sur les images et stéréotypes des personnes souffrant d’alcoolisme. Les chercheurs se sont intéressés à l’utilisation de l’alcool traditionnel par les tradithérapeutes et les religieux

Par ailleurs, l’étude sociolinguistique de la terminologie recueillie auprès des différents informateurs a permis de répertorier 216 termes en langue nationale Ewé qui ont été transcrits et interprétés.

« L’analyse a montré que les termes utilisés sont très imagés et que les analogies intègrent des champs lexicaux spécifiques. Les consommateurs ont souvent recours à des métaphores et autres procédés de langue pour qualifier les habitudes et pratiques de consommation, les différents types de boissons alcoolisées ainsi que les effets et dangers qui leur sont attribués », a expliqué Wizdom Ajavon, membre de RAPAA.

 

 

Selon Jules Apedjinou, le Directeur exécutif de l’Ong RAPAA, les recommandations de l’étude permettront d’envisager les orientations stratégiques pour les actions de prévention et de prise en charge des personnes souffrant d’addiction à l’alcool. Pour les futures actions de l’organisation, on apprend que ces recommandations permettront de mieux ajuster le contenu et la forme des messages de sensibilisation en direction des groupes cibles.

Notons que la réalisation de l’étude a été financée par la Banque ouest africaine de développement (BOAD).

 

 

 

TBN

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