Une opération de bébés siamois réussie

 

 

 

 

Des jumeaux siamois de sept mois, collés à l’abdomen à leur naissance ont été séparés lors d’une opération de chirurgie à l’hôpital pédiatrique de Ouagadougou, une deuxième prouesse du genre avec un personnel médical entièrement local. 

 

Les siamois originaires de la ville de Nouna, dans l’ouest du Burkina Faso, étaient interné à l’hôpital pédiatrique Charles De Gaulle, avec un suivi mené par l’équipe du Pr Albert Ouandaogo, chef du service de chirurgie pédiatrique. 

Les jumeaux siamois étaient reliés par l’abdomen et une partie du thorax, il fallait selon les médecins attendre qu’ils aient la taille et le poids nécessaires pour être opérés. 

 

 

Une opération de séparation qui sera mené avec succès, après sept heures de labeur, par l’équipe du Pr Albert Ouandaogo, constituée de chirurgiens burkinabè et d’un Malien, ainsi que des médecins anesthésistes-réanimateurs. 

 

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“Lorsqu’ils sont arrivés, ils étaient accolés par une partie du thorax et une partie du ventre. C’est ce que nous appelons dans notre jargon, des thoraco omphalopages”, explique Dr Francis Ouédraogo, chirurgien pédiatre. 

 

“C’est une séparation qui est compliquée et qui présente souvent des risques lorsqu’on la réalise à la naissance. Ce qu’on a opté de faire cette fois-ci, c’est de les garder, de les faire grandir avant de les opérer”, a-t-il ajouté. 

 

“On a eu la chance que ça se limitait au foie, les intestins étaient séparés. Quand on a séparé le foie, il fallait refermer. Au départ, c’est une équipe qui travaille pour séparer et après il faut deux équipes, une équipe par enfant pour refermer l’abdomen. Ça s’est très bien passé, tout le monde a été professionnel”, a expliqué le Pr Isso Ouédraogo, chirurgien pédiatre. 

 

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“C’était un défi pour nous, parce que ce sont des cas rares et quand c’est rare, on en a moins l’habitude. En plus de leur principale malformation, ce sont des enfants qui présentaient une malformation associée, donc ces malformations peuvent engager le pronostic vital des enfants à la suite de l’intervention. Au-delà de ça, une telle intervention demande une organisation spéciale, parce qu’on a à opérer deux personnes dans une même salle, ce n’est pas classique. Il faut avoir tout le matériel en double quand on sait que dans nos hôpitaux, on n’a pas toujours ce qu’il faut pour les interventions”, a-t-il ajouté. 

 

L’opération a été effectuée il y a deux semaines et les bébés se portent bien, a précisé Dr Ouedraogo. 

 

“Nous avons l’expérience, nous ne demandons qu’à être accompagnés par les équipements. Ces genres d’intervention ne courent pas les rues en Afrique. Nous sommes l’un des très rares pays à avoir tenté des séparations de jumeaux conjoints et qui avons réussi” s’est félicité Dr Francis Ouédraogo. 

En rappel, en 2016, des chirurgiens du même hôpital pédiatrique avaient réussi à séparer des jumeaux siamois.

 

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koaci