Aéroport de Niamey : L’ANAC confirme la continuité des vols, ASKY Airlines s’enfonce dans le mutisme et abandonne ses passagers

 

La gestion de crise chez ASKY Airlines vient de franchir un nouveau cap dans l’inacceptable. Alors que la capitale nigérienne a connu des événements sécuritaires dans la nuit du 28 au 29 août, la compagnie aérienne panafricaine brille par une absence totale de communication et un mépris flagrant de ses obligations envers ses clients. Pire encore, l’argument de la « force majeure » invoqué par son service client s’effondre face aux déclarations officielles des autorités de l’aviation civile.

 

 

L’ANAC dément formellement l’impraticabilité de l’aéroport

Le service client d’ASKY justifiait ce dimanche l’annulation de ses vols et le refus de prise en charge par « l’insécurité du pays », affirmant que la situation était « indépendante de la compagnie ». Cet argument est aujourd’hui balayé par les faits.

L’Agence nationale de l’aviation civile (ANAC) du Niger a en effet publié une lettre circulaire, signée par son directeur général, le colonel-major Hamados, confirmant que les activités d’exploitation aérienne se poursuivent normalement sur l’ensemble de la plateforme de l’Aéroport international Diori Hamani, malgré les événements du 29 août. L’autorité de régulation a expressément demandé aux compagnies aériennes de maintenir leurs activités tout en observant un strict respect des mesures de sûreté.

La preuve la plus cinglante de cette normalité opérationnelle est d’ailleurs visible sur le tarmac : Ethiopian Airlines et Air Côte d’Ivoire ont poursuivi sereinement leurs rotations commerciales, embarquant et débarquant leurs passagers sans incident.

 

Un mutisme inacceptable et des vols toujours à l’arrêt ce lundi

Pendant que ses concurrents opèrent, ASKY Airlines maintient ses avions au sol. En ce lundi 31 août 2026, les vols de la compagnie n’ont toujours pas repris. Plus grave encore, aucune communication officielle n’a été émise à l’endroit des passagers bloqués.

Ce silence institutionnel fait suite à un week-end chaotique où les voyageurs ont été littéralement livrés à eux-mêmes. Le dimanche 30 août, des dizaines de passagers, dont certains munis de billets officiellement confirmés pour le vol KP 0047 de 10h55, se sont rendus à l’aéroport sur instruction expresse du support client d’ASKY contacté la veille. À leur arrivée : des comptoirs fantômes, aucun agent au sol pour les orienter, et une annulation notifiée par les forces de police.

Le SAV d’ASKY : une défaillance devenue chronique

Cet épisode désastreux n’est malheureusement pas un cas isolé. Il met une nouvelle fois en lumière la récurrence des défaillances du Service Après-Vente (SAV) d’ASKY Airlines. Les captures d’écran des échanges WhatsApp avec les voyageurs bloqués à Niamey témoignent d’un amateurisme effarant : des réponses laconiques (« Pour le moment nous ne savons pas »), un refus catégorique d’assurer le devoir d’assistance (hébergement, restauration) pourtant rendu obligatoire par le droit aérien, et un abandon total des clients en zone de transit.

Demander à des passagers de braver un climat sécuritaire incertain pour se rendre à l’aéroport, tout en sachant pertinemment qu’aucun personnel ne sera là pour les accueillir, relève au mieux de l’incompétence, au pire de la mise en danger.

Une convocation maintenue malgré l’absence de vol

Selon les éléments recueillis et les pièces documentaires consultées, plusieurs voyageurs ont sollicité le service client d’ASKY en amont de leur déplacement. La compagnie leur a formellement demandé de se présenter à l’embarquement du vol KP 0047, programmé pour 10h55.

Le cas d’un passager de nationalité camerounaise en transit vers Douala illustre cette confusion opérationnelle : bloqué depuis la veille, ce dernier avait reçu un courriel officiel de réémission de son billet confirmant son départ ce dimanche matin. Arrivé sur place dès 7h30, il a découvert, à l’instar des autres voyageurs, des comptoirs d’enregistrement totalement déserts. Aucun agent au sol n’était déployé pour encadrer les clients ou procéder aux formalités d’usage. Ce sont les forces de police présentes dans le hall qui ont finalement notifié l’annulation du vol aux passagers.

Face à cette gestion calamiteuse, la question de la fiabilité d’ASKY se pose avec acuité. Les passagers lésés, regroupés et documentant chaque manquement, préparent des recours auprès des autorités de régulation (ANAC Niger et Togo). Il est grand temps que les instances communautaires exigent des comptes à une compagnie qui semble avoir érigé le mépris du client en modèle de gestion.