NIAMEY — Alors que la capitale nigérienne retrouve son calme après les événements sécuritaires du week-end des 28 et 29 août 2026, la gestion de crise de la compagnie aérienne panafricaine ASKY suscite de vives indignations. Des dizaines de passagers en partance pour Lomé et d’autres capitales d’Afrique centrale et de l’Ouest se sont retrouvés livrés à eux-mêmes ce dimanche 30 août à l’Aéroport International Diori Hamani, sans interlocuteur ni prise en charge, malgré des confirmations écrites transmises la veille par le transporteur.
Une convocation maintenue malgré l’absence de vol
Selon les éléments recueillis et les pièces documentaires consultées, plusieurs voyageurs ont sollicité le service client d’ASKY en amont de leur déplacement. La compagnie leur a formellement demandé de se présenter à l’embarquement du vol KP 0047, programmé pour 10h55.
Le cas d’un passager de nationalité camerounaise en transit vers Douala illustre cette confusion opérationnelle : bloqué depuis la veille, ce dernier avait reçu un courriel officiel de réémission de son billet confirmant son départ ce dimanche matin. Arrivé sur place dès 7h30, il a découvert, à l’instar des autres voyageurs, des comptoirs d’enregistrement totalement déserts. Aucun agent au sol n’était déployé pour encadrer les clients ou procéder aux formalités d’usage. Ce sont les forces de police présentes dans le hall qui ont finalement notifié l’annulation du vol aux passagers.
Un déni d’assistance formellement tracé
Les échanges directs avec le service d’assistance de la compagnie révèlent une rupture caractérisée dans l’application des obligations réglementaires de transport. Interrogé par messagerie sur le sort des voyageurs et l’absence de solutions de repli, le support d’ASKY a d’abord indiqué : « Pour le moment nous ne savons pas », avant de rejeter toute responsabilité contractuelle : « C’est pas la compagnie qui a annulé sont vol c’est par rapport à l insécurité du pays donc c est indépendamment de la compagnie ».
Une affirmation en contradiction directe avec le droit international et communautaire. Si les circonstances exceptionnelles peuvent exonérer un transporteur du versement d’indemnités compensatoires forfaitaires, elles ne le dispensent en aucun cas de son obligation légale de prise en charge matérielle (hébergement, restauration, transferts et réacheminement).
Une reprise des vols sélective
L’argument sécuritaire avancé par ASKY soulève également des interrogations sur le plan opérationnel. Les autorités nigériennes avaient en effet annoncé la réouverture officielle de la plateforme aéroportuaire dès le dimanche matin. Preuve de cette praticabilité, d’autres compagnies régionales, à l’instar d’Air Côte d’Ivoire, ont assuré leurs rotations au départ de Niamey au cours de la même matinée.
Face à ce vide organisationnel, les passagers lésés préparent des recours collectifs et individuels auprès de l’Agence Nationale de l’Aviation Civile (ANAC) du Niger et du Togo afin de réclamer le remboursement des frais engagés et faire constater les manquements répétés de la compagnie à son devoir d’assistance.



