Coton : le partage du gâteau !

 

Avec un résultat net de 4,6 milliards FCFA en 2019 et un capital de 2 milliards FCFA détenus à 60% par l’Etat et 40% par les producteurs, la Nouvelle société cotonnière du Togo (NSCT) ouvre son capital à OLAM.

 

L’Etat Togolais cèdera 51% de ses parts au géant singapourien OLAM et les producteurs de coton garderont solidement leur 40%.  Sur la balance, 51% à OLAM (Groupe privé majoritaire) et 49% d’intérêt national (Etat -9%-  et acteurs privés locaux -40%- à qui reviennent la minorité de blocage et de contrôle).

 

 

 

“La cession de la participation de l’Etat dans le capital de la NSCT ne répond ni à un souci d’amélioration de la trésorerie de l’Etat, ni à un besoin de correction d’une quelconque mauvaise performance financière de la NSCT. Elle s’inscrit plutôt dans une vision large du gouvernement de modernisation de la filière cotonnière au Togo par la création d’une chaîne de valeur allant de la production jusqu’à la transformation en produits finis”, se défend le gouvernement.

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Il souligne que “les effets attendus sont l’amélioration significative du rendement à l’hectare et partant, de la croissance économique et une création massive d’emplois”.

 

 

Que sait-on de la procédure de sélection ?

Plusieurs facteurs ont milité en faveur de la sélection du groupe OLAM.

“OLAM est le seul partenaire que nous connaissons en Afrique capable d’apporter 600 millions de dollars en termes de crédit d’intrants directement aux producteurs. Non seulement ils achètent directement les intrants auprès des fournisseurs à des coûts compétitifs, mais aussi, disposent, des cages flottantes en mer qui permettent de rendre disponible d’accès, ces intrants à temps aux producteurs”, avait fait savoir, Noël Koutéra Bataka, ministre de l’agriculture devant les députés.

 

Le gouvernement estime également que “le groupe OLAM, avec ses pratiques et expertises dans le domaine de l’agro-industrie, développe des stratégies d’intervention qui couvre toute la chaîne de valeur avec des résultats probants au Tchad et en Côte d’ivoire dont il occupe le 1er plan en termes de production et de rendement.

 

 

 

Autre facteur, non moins important, dans le contexte international marqué par la Covid19, très peu d’opérateurs ont la capacité de réaliser les investissements requis dans le secteur cotonnier si ce n’est OLAM qui s’intéresse encore à la filière en Afrique.

 

En lieu et place d’un appel d’offres, le gouvernement a plutôt opté pour une “procédure négociée” dans la recherche de ce partenaire stratégique.

 

“Cette démarche permet de connaître à fond le partenaire stratégique et ses capacités réelles alors que le dépouillement des soumissions à l’issue d’un appel d’offres peut ne pas donner à des visites de terrain effectuées dans le cadre du processus”, justifie-t-il.

 

Doubler la production en 3 ans

D’ici 3 ans, il est attendu du groupe OLAM de faire doubler la production cotonnière au Togo. De 137.000 tonnes de coton-graine, la production est tombée à 116.000 tonnes à la dernière campagne, soit une chute de 15%.

 

“C’est en 2022, il fallait atteindre les 200.000 tonnes. Visiblement, tout porte à croire que nous avons atteint nos capacités. Les producteurs ont lors des visites, apprécié le dynamisme et l’apport du partenaire parce qu’au Tchad, la production était tombée à 17.000 tonnes en 2018 et en 2019 à l’initiative du groupe, elle est remontée à 172.000 tonnes. Une production multipliée par 10 en une seule campagne”, rapporte le ministre de l’agriculture.

 

 

En plus de l’augmentation de la production, le groupe devra rendre disponible les intrants dont l’approvisionnement des producteurs aujourd’hui prenne des retards.

 

Le gouvernement compte ainsi mettre définitivement fin à cette situation avec la contribution du groupe OLAM au regard de ses capacités logistiques et financières.

 

Ce qu’il faut noter parfois est que certains producteurs prennent les intrants et n’utilisent qu’une infime partie pour le coton et le reste pour d’autres cultures (maïs, arachide etc.).

 

 

 

Le corollaire, c’est le faible rendement obtenu à l’hectare (230, 300, 400kg/ha). Une aberration à corriger car à cette allure, l’objectif fixé pour la filière ne sera jamais atteint.

 

“En Côte d’Ivoire par exemple, leur rendement minimum est de 1100 kg à l’hectare, ce que nous n’arrivons pas à atteindre au Togo. Le groupe a mis en place un dispositif qui permet le contrôle des exploitations. Ils ont développé un logiciel qui permet de géolocaliser chaque exploitant. Ils apportent un accompagnement en tracteurs pour aider la mécanisation”, partage le ministre Bataka.

 

Au Togo, le groupe OLAM prévoit contribuer au renforcement des capacités des producteurs, à travers, entre autres, le raffermissement de l’encadrement avec un ratio d’appui conseil soit un conseiller agricole pour 400 producteurs contre 1 conseiller pour 1300 actuellement.

Il se conformera également au cadre national de biosécurité qui n’autorise pas l’utilisation des OGM (organismes génétiquement modifiés).

 

 

Suivi des objectifs

S’il faut noter que les discussions sont toujours en cours avec le groupe OLAM pour finaliser les contours du partenariat, le gouvernement signale que dans le cahier de charge, il sera exigé un reporting régulier pour le suivi et la réalisation des objectifs fixés.

Le secteur cotonnier reste une priorité pour les pouvoirs publics qui ont l’ambition de développer les pôles de transformation selon l’approche chaîne de valeur inscrite dans l’axe 2 du Plan national de développement (PND).

Le gouvernement souligne qu’à ce jour, aucune disposition légale n’a octroyé le monopole du marché cotonnier à la NSCT et l’ouverture du capital n’empêche un autre opérateur de s’installer dans le secteur au Togo.

Le coton contribue à 4% à la richesse nationale faisant de l’or blanc, le premier produit d’exportation du Togo. Quelques 500.000 acteurs animent la filière à l’échelle nationale.

En 2019, près 34 milliards F.CFA de chiffres d’affaires ont été réalisés et distribués directement au monde paysan en termes d’achat de coton. Le business du coton a encore de très beaux jours.

 

AgriDigitale