Homme tué par des militaires à Adakpamé: effroyable témoignage !

Il était 5h55 min ce matin lorsque j’ai été réveillé par un coup de fil. A l’autre bout, j’entendais des pleurs, des lamentations et autres gémissements.

 

La personne qui m’a appelé (un très cher ami à moi), m’a demandé de venir voir ce qui se passe dans son quartier. Lorsque je me suis rendu à Adakpamé, derrière le Centre de santé, j’ai vu le corps sans vie d’un homme étendu au sol, visage ensanglanté.

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“Elle l’a tué, la patrouille l’a tué. Les soldats l’ont tué…”, criaient les femmes et les jeunes autour du corps et dans tout le quartier. Dodzi, la quarantaine, était sorti la nuit, selon sa femme que je suis allé voir dans leur maison, pour faire ses besoins (ils n’ont pas de toilettes dans la maison et c’est dans une broussaille à l’intérieur d’une clôture abandonnée dans le quartier qu’ils font leurs besoins). Mais malheureusement, il s’était retrouvé nez à nez avec la patrouille. Il n’est pas sorti vivant de cette rencontre.

 

J’ai rencontré une femme désemparée, perdue, très affectée, qui parfois, prononce des mots dont elle-même ne comprenait même pas le sens. “Cherchez-moi mon mari !”, ne cessait-elle de crier. Mes larmes ont commencé par couler lorsque leur petite fille d’à peine 10 ans a demandé à son oncle : “Où est papa ?”.

 

J’ai rapidement quitté la maison, parce que mes larmes commençaient par mouiller mon bloc-notes dans lequel je prenais notes de tous ces événements. C’est insupportable, cette scène. Je me réserve de publier l’image du corps sans vie ici.

 

Quel crime Dodzi a-t-il commis pour être battu à mort ? Parce qu’il n’y a pas de toilettes dans leur maison ? Pourquoi battre à mort un innocent ? Un jour, nous rendrons compte de nos actes.

 

Isidore Kouwonou